Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 16:32

Le retentissant désenchantement de la 5ème législature n’a qu’un seul nom : Mathurin Nago. Son show d’auto victimisation à l’ouverture de son ultime session ordinaire a peut-être vocation de solder son parcours personnel dans le sens de l’ennoblir au besoin – le pauvre président incompris de ses collègues absentéistes, inintelligents, retardataires impénitents, fantômes voire fossoyeurs de la paix. Tel que présentée, la situation au sein de l’hémicycle version Nago serait le cruel sacerdoce du professeur Nago désespéré de ne pas pouvoir transmettre son entrain, sa foi en la nation et son patriotisme à l’ensemble de ses collègues. La faute donc aux frondeurs si le parlement béninois, durant pratiquement 4 ans, a provoqué l’ire de milliers de ses mandants et l’agacement de plusieurs partenaires au développement. Le diagnostic du professeur est sans appel : l’enfer c’est les autres, oui les autres, excepté, bien entendu, tous les partisans de l’alignement de l’institution parlementaire sur les ambitions absolutistes des émergents.

Mais il ne suffit pas de raconter ainsi le drame de la législature pour réécrire cette cynique aventure démarrée en avril 2007 au lendemain de l’installation de la 5ème mandature. Les procurations de la honte ; la prise en otage de plusieurs députés « sous procuration » à l’annexe du palais des gouverneurs de Porto-Novo sous haute surveillance militaire ; la prestation de serment d’une dizaine de députés aux allures d’allégeance à un gourou d’une secte apocalyptique : ce sont là des extraits de l’élection de Nago au perchoir. Rien que sa candidature aux élections législatives de 2007 fut une parfaite illustration de la traitrise vis-à-vis d’un vieil compagnon et mentor, le pauvre Jean-Claude Hounkponou privé d’un troisième mandat de député par celui à qui il a offert promotion, émancipation et ascension politique les yeux fermés. Même si l’on veut s’efforcer de ne pas verser dans l’ordurier, on ne peut néanmoins pas s’empêcher de constater que le perchoir a été obtenu par dol et ruse, rien de bien intelligent à l’analyse.

A y voir de près, le professeur s’arroge un mérite qui va au-delà de sa résistance obstinée à l’acharnement des anti-émergents. En effet, pendant que les inintelligents manquaient à leur devoir par leur absence et leur retard, le professeur à lui tout seul, aidé de quelques fidèles, faisait réaliser des prouesses à l’institution. Un bilan laudateur de 120 lois votées, meilleur à celui de plusieurs autres mandatures. Exploit que ne devraient logiquement pas revendiquer les fantômes. Gare au malin frondeur qui raillerait ce bilan par un bémol lié à la forte propension des ratifications d’accord de prêt, des mises en conformité des nombreuses lois votées et renvoyées à plusieurs reprises par la Cour constitutionnelle, des lois électorales remises à jour. Des initiatives de très peu d’importance sur l’amélioration de la vie sociale des concitoyens. Nago a beau rôle de ne pas évoquer les raisons inhibitrices de l’enrôlement à bonne date de la loi sur la lutte contre la corruption, des entraves au contrôle de l’action gouvernementale, de la révision de la législation sur le foncier urbain. Que reste-t-il alors de la bonne foi proclamée du perchoir à l’occasion du discours sur les fantômes du 02 novembre 2010 lorsqu’on constate le peu d’empressement à convoquer une séance plénière plusieurs jours après son show ?

Etablir que le mandat de Nago est un véritable gâchis est loin d’être de la médisance gratuite. Houngbédji a son premier passage au perchoir (1991-1995) n’avait bénéficié que de 4 élus ; une dizaine au deuxième (1999-2003) ; le Psd de Amoussou en avait 7 (1995-1999) ; 9 pour Idji Kolawolé avec son Madep (2003-2007). Nago lui partait avec 35 Fcbe dès le départ et en est réduit à compter à peine 20 députés présents au sein de l’hémicycle lors de l’ouverture de la session solennelle. Tristesse. Un règne, incarnation de la négation de la démocratie, où la majorité parlementaire devrait subir un président ultra-minoritaire qui s’accroche à son poste au service du chef de l’exécutif au risque de plonger toute l’institution dans une crise sans fin. Il aurait dû partir de lui-même, en sauveur de la mandature, au lieu de finir ainsi !

Comme un clown démodé…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com


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